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27 septembre 2009

Instants

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Elle marche à contre-sens, une canette de Redbull et un morceau de joint dans les mains. Elle croise les deux filles qui arrivent en sens inverse et les interpelle:

- Excusez-moi les filles, pour aller dans le quartier des A. c'est par où?

C'est Coline qui répond, des vapeurs d'alcool dans la voix.

- C'est par d'où tu viens, il faut faire demi-tour. On va dans cette direction nous aussi.

- Je peux faire le chemin avec vous alors?

Les deux filles acquièscent. Et l'observent. Blonde avec les cheveux mi-longs, elle n'est pas épaisse. Elle porte une robe dorée qui met sa peau bronzée en valeur. Elle parle, plus à elle-même qu'aux deux autres. Elle a un timbre rocailleux:

- C'est ce connard qui ne m'a pas laissé là où il m'avait pris... Je sais pas où je suis... En plus il m'a même pas donné tout ce qu'il me devait... Mais les filles, y a personne pour vous raccompagner?

- Nan, on rentre que toutes les deux.

- Vous venez de loin?

- Assez, d'O.

Silence. Les trois marchent, Elle accrochée au bras de la copine que Coline tient par la main. Coline questionne:

- Ca fait longtemps que tu fais ça?

- C'est pour les études tu vois... Je veux être infirmière mais je peux pas payer...

- Tu prends combien?

- La fellation c'est 40€, la passe 50€...

La copine de Coline lui sert la main, comme pour faire passer un message. Mais Coline continue.

- C'est tout pour toi?

- Nan c'est pour le gars... Enfin pour moi aussi mais il prend presque tout. Nan mais il est sympa... Pas comme l'autre connard qui m'a laissé... Lui là, c'est lui qui repasse là...

- Il te maltraite?

- Nan, nan, j'ai pas dit ça. Il est sympa...

- C'est qui?

- J'peux pas vous dire ça... C'est personne, c'est moi qui fait ça pour moi, y a personne derrière...

- C'est pas vrai ça! Y a quelqu'un derrière, tu viens de le dire!

Elle se détache ostensiblement, mal à l'aise. Et tire sur son joint.

- Je vais rester là, je trouverai sûrement quelqu'un. Merci les filles de m'avoir accompagnées... C'est une mauvaise passe que j'traverse, c'est pour les études et mon fils. J'ai son prénom tatoué dans le dos... J'ai 33 ans, je vais pas faire ça tout le temps... C'est juste pour avoir de l'argent et payer les études...

- Bon courage à toi...

- Merci, merci... Bonne chance à vous deux. Vous vous appelez comment?

- Coline et Élisa. Et toi?

- Moi c'est Sonia.


M. 27 septembre 2009 vers 4h30 du matin.

24 septembre 2009

Le doute

Troisième semaine de fac et je doute.

Je ne suis pas quelqu'un de super intelligent. Je n'aime pas bosser avec acharnement, je préfère apprendre sans m'en rendre compte. Disons que j'ai des facilités. Je ne sais rien bien faire à fond, je touche plus ou moins à plusieurs trucs. Je suis ce qu'on appelle dans le jargon, une "politologue" et non une "politiste": je sais parler vaguement de pleins de sujets au lieu d'en connaître deux-trois bien en profondeur.

Dans le domaine professionnel intellectuel (mes expériences de caissière et factrice ne comptent pas!), je n'ai jamais vraiment appris à être journaliste. Je n'ai jamais appris à rédiger un papier, ni comment me comporter face à un interlocuteur. Je ne connais pas les ficelles du métier, je n'ai pas les contacts, je différencie peu les genres, je n'ai pas les idées. Les deux expériences que j'ai eu au Journal, j'ai fait du mieux que je pouvais, ce qui me semblait correct. Ca a souvent été couronné de succès (pour ne pas dire encensé) et j'en ai été la première étonnée. Je le suis toujours, surtout quand je relis les quelques papiers qui me paraissaient bien et que je trouve pour ainsi dire, nuls à chier.

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Je suis partie sur une mauvaise production. Les derniers papiers ont été mauvais, mon chef me l'a dit lorsque je lui ai demandé si ça valait le coup que je persévère dans cette branche. La réponse a été oui car j'avais fait beaucoup de progrès. Mais de ce mail contenant 95% de positif et 5% de négatif sur mes mauvais papiers, j'en ai retenu seulement le 5%. Déformation perfectionniste. Ca fait 15 jours que j'ai reçu ce courriel et ça me travaille toujours autant. Surtout que ces deux papiers ont été écrit de la même manière que j'avais fait les autres: du mieux que je pouvais. "Ca arrive à tout le monde de se louper, même à moi," a dit le chef. Oui mais moi je n'ai pas l'occasion de me rattraper les jours suivants.

Dans ma classe, environ la moitié a des ambitions journalistiques. De ce que j'ai pu lire des copains qui m'ont montré leurs propres articles, je trouve ça bien écrit. Je n'ai aucun sens critique sur les productions des autres, mis à part envers moi. Je ne me trouve pas spécialement douée et tout ce que j'ai pu lire me paraît beaucoup plus travaillé et cherché que ce que j'ai pu faire. Ils n'ont reçu que des bonnes critiques (ou taisent les mauvaises), ils ont des pistons au niveau national, ils ont pleins d'expériences de stages... Moi qui me pensait "originale" avec mes deux emplois saisonniers, je me sens en fait légèrement sur la touche.

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Alors contrairement aux habitudes, je me tais, je doute, je bosse dès maintenant et commence à chercher où faire des stages dès maintenant. Opportuniste silencieuse? Nan, seulement en quête d'être rassurée sur mes quelques compétences.

16 septembre 2009

Un jour sans

Aujourd'hui, c'était ce qu'on appelle un jour "sans". Un jour qui fait chier pour parler crûment et qui ne restera pas dans les annales des jours à retenir.

Les jours sans, c'est chiant. Parce que même quand on pourrait aller bien et que tout fait qu'on va bien, ben on est de mauvaise humeur et énervé pour tout. Ou rien.

C'est dans les jours sans qu'on t'apprend que ton retour à l'anglais se soldera par 4h30 de cours d'anglais tous les vendredi. Ca fait 3 ans que t'es en break de la langue de Shakespeare et tout à coup, tu vas devoir y passer presque un quart de ta semaine de fac. Dans les jours sans, t'as l'impression de piétiner. Tout ce qui te paraît une avancée ridicule pour toi semble énorme lorsque c'est une autre personne qui y a droit. Rien ne bouge, tu veux y secouer mais en même temps ça fait flipper. Les autres grillent la priorité et toi tu restes idiot(e) sur le trottoir. T'as envie de blanc et t'obtiens noir. Et inversement.

Pour les trucs chiants, le temps passe très lentement. Et trop vite lorsque tu en as besoin de plus. Tu mets longtemps à rentrer, tu n'es patient pour rien et oh, comme par miracle, il se met à pleuvoir juste quand tu mets un pied dehors sans parapluie.

Le basilic crève dans son pot depuis l'annonce funèbre de sa mort prochaine par l'ami transalpin (présage?). Le mec qui fait craquer ses doigts toutes les demi-heures est assis juste à côté de toi pendant les trois heures de cours. Le téléphone ne répond pas ou pire, ne capte pas. Il y a une soirée mais tu n'as même pas envie de bouger. La saison d'HIMYM est finie et il faut attendre pour voir la prochaine. La toux ne part pas mais la fatigue elle, s'accumule. Les autres, ils comprennent rien, il savent rien, ils sont pathétiques. Le monde entier énerve...

Y a plus qu'à aller se coucher. Ca ira mieux demain qu'on dit...


NB/ Et comme c'est un jour sans et ben c'est aussi sans image et sans couleur. Illustration de l'humeur.

13 septembre 2009

Convertie

La semaine dernière, quand je suis allée à Lyon, j'ai vu la Petite Zou. Au fil de longs papotages, la p'tiote m'a offert des cadeaux pour mon anniversaire. Dont un CD d'Aldebert, pour me faire découvrir.

Moi je suis une snob de ce que je ne découvre pas par moi-même. Je me suis dit "bon ok je vais écouter pour voir si c'est aussi bien qu'elle le dit. Et basta." Sauf que... c'est bien effectivement. J'ai un big big big big big coup de coeur pour ce chanteur. À vrai dire, j'avais aussi acheté 2 autres CD ce jour-là et depuis, je n'écoute qu'Aldebert.

Ca craint vraiment du boudin parce que je suis obligée de me soumettre à l'avis de la Petite Zou (et de Doudou). Même que maintenant, j'ai carrément envie de le voir en concert. Ca craint vraiment...

Et cette vidéo, c'est ma préférée de l'album.

10 septembre 2009

Quand on arrive en ville

Quand on arrive dans une nouvelle ville, on a tout de suite une première impression qui se fait. Elle peut-être bonne ou mauvaise. On va dans des endroits qui nous apparaissent d'une certaine manière et qui plus tard, peut-être, changeront. La première impression que j'ai eu à Salamanca était que c'était un vrai labyrinthe. Au final, j'ai maintenant l'image d'une petite ville avec un tas de petites rues qui mènent toutes au même endroit: le centre.

Ca fait 5 jours que je suis arrivée dans ma ville du Sud. Appelons-la M. Comme lorsque je suis partie à Salamanca, je suis arrivée malade à M. Pas en forme, la perception d'un nouveau lieu de vie est différente.

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Et pourtant, même avec toux, rhume et mal de tête (mais sans grippe A), j'ai été conquise. M. me rappelle Salamanca parce que c'est très doré. Le  tram est hippie, le centre-ville est super vivant, il y a des tas de cafés et de magasins (consumériste). La rue de l'Université me ravit, la rue des cartes postales aussi. Lorsque je suis arrivée sur la place centrale, je me serais crue dans Amélie Poulain: les gens prenant leur café en terrasse, un musicien qui faisait de l'accordéon, le soleil, la place très illuminée... Et moi au milieu qui souriait.

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Je n'ai pas encore tout vu, je n'ai rien visité pour ainsi dire. Je me suis beaucoup baladée, j'ai commencé à prendre quelques photos (peut-être que vous reconnaitrez?). J'attends que la ville se fasse découvrir petit à petit pour en faire plus...

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05 septembre 2009

Déménagement

Aujourd'hui, je déménage dans le sud. Et lundi, j'ai ma rentrée universitaire en master. J'ai pas encore l'emploi du temps, je ne suis toujours pas inscrite, c'est la joie du début d'année.

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J'emménage donc ce soir dans une ville que je ne connais pas du tout. Normalement, il y a internet dans mon appart mais comme j'ai mis un an et demi à règler le wifi chez moi, peut-être qu'il me faudra un petit moment pour tout coordonner là-bas.

Alors bon week-end, bon début d'année à celles et ceux qui (re)commencent, bon tout quoi! À très vite!

02 septembre 2009

L'histoire de la vie (2)

Pensée philosophique du jour.

Pourquoi est-ce quand on s'y attend le moins qu'arrive une chose dont on ne rêvait même plus? Et que soudainement, cette chose prend toute sa dimension et fait presque plus peur que plaisir?

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Je vous laisse méditer, j'ai rendez-vous à Lyon avec tout plein de chouettes personnes!

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