21 novembre 2009

Yo-yo

L'étudiante.jpg En ce moment, je suis dans une période charnière de l'année: la période yo-yo. Un jour ça va, un jour ça va pas. Je suis bien puis je déprime. Tout est possible, tout me semble impossible. Je radote, je radote. Un pas en avant, deux pas en arrière.

J'ai bien conscience que ça doit vraiment être super chiant pour les lecteurs. De l'égocentrisme pur et dur. Et vas-y que je me plains, que je me pose des questions, que je pense à mon avenir... Blablabla. Novembre est un mois pourri et moi j'ai le mental qui va avec.

Libé, l'Huma, l'Express... Mes camarades de classe trouve des stages bétons, comme demandé par la fac. Avec cette main, je reste sur le carreau et suis contrainte de basculer mon stage en mémoire. L'utilisation d'internet et des nouvelles technologies par les politiques, voilà plus ou moins mon sujet. Je me console en me disant que je passerai à la postérité grâce à un mémoire universitaire et non grâce à un super article qui aura fait trembler plusieurs personnes!

Plus j'y pense et y repense et plus j'en arrive à la même conclusion: je hais le piston. 2/3 des stages ont été trouvé par piston, les copains l'avouent. Moi j'aime pas, j'arrive pas à m'y faire, je n'en veux pas. Rock pourrait me pistonner. Faiblement mais toujours un peu. J'ai pas envie, je veux y arriver par moi-même, même à une seule main. Des anciennes collègues de boulot me disent que je suis conne, que je ferais mieux d'en profiter, même si c'est trois fois rien, que les autres ont bien moins de scrupules que moi. Oui mais nan, ça me rabaisse (et j'ai une haute estime de moi, trop haute d'ailleurs). Je veux trouver toute seule et par la même, dire bye bye au national puisqu'il faut "connaître des gens".

Alors en attendant je me plains, je m'énerve, je fais les montagnes russes. C'est nul.

24 septembre 2009

Le doute

Troisième semaine de fac et je doute.

Je ne suis pas quelqu'un de super intelligent. Je n'aime pas bosser avec acharnement, je préfère apprendre sans m'en rendre compte. Disons que j'ai des facilités. Je ne sais rien bien faire à fond, je touche plus ou moins à plusieurs trucs. Je suis ce qu'on appelle dans le jargon, une "politologue" et non une "politiste": je sais parler vaguement de pleins de sujets au lieu d'en connaître deux-trois bien en profondeur.

Dans le domaine professionnel intellectuel (mes expériences de caissière et factrice ne comptent pas!), je n'ai jamais vraiment appris à être journaliste. Je n'ai jamais appris à rédiger un papier, ni comment me comporter face à un interlocuteur. Je ne connais pas les ficelles du métier, je n'ai pas les contacts, je différencie peu les genres, je n'ai pas les idées. Les deux expériences que j'ai eu au Journal, j'ai fait du mieux que je pouvais, ce qui me semblait correct. Ca a souvent été couronné de succès (pour ne pas dire encensé) et j'en ai été la première étonnée. Je le suis toujours, surtout quand je relis les quelques papiers qui me paraissaient bien et que je trouve pour ainsi dire, nuls à chier.

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Je suis partie sur une mauvaise production. Les derniers papiers ont été mauvais, mon chef me l'a dit lorsque je lui ai demandé si ça valait le coup que je persévère dans cette branche. La réponse a été oui car j'avais fait beaucoup de progrès. Mais de ce mail contenant 95% de positif et 5% de négatif sur mes mauvais papiers, j'en ai retenu seulement le 5%. Déformation perfectionniste. Ca fait 15 jours que j'ai reçu ce courriel et ça me travaille toujours autant. Surtout que ces deux papiers ont été écrit de la même manière que j'avais fait les autres: du mieux que je pouvais. "Ca arrive à tout le monde de se louper, même à moi," a dit le chef. Oui mais moi je n'ai pas l'occasion de me rattraper les jours suivants.

Dans ma classe, environ la moitié a des ambitions journalistiques. De ce que j'ai pu lire des copains qui m'ont montré leurs propres articles, je trouve ça bien écrit. Je n'ai aucun sens critique sur les productions des autres, mis à part envers moi. Je ne me trouve pas spécialement douée et tout ce que j'ai pu lire me paraît beaucoup plus travaillé et cherché que ce que j'ai pu faire. Ils n'ont reçu que des bonnes critiques (ou taisent les mauvaises), ils ont des pistons au niveau national, ils ont pleins d'expériences de stages... Moi qui me pensait "originale" avec mes deux emplois saisonniers, je me sens en fait légèrement sur la touche.

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Alors contrairement aux habitudes, je me tais, je doute, je bosse dès maintenant et commence à chercher où faire des stages dès maintenant. Opportuniste silencieuse? Nan, seulement en quête d'être rassurée sur mes quelques compétences.

28 novembre 2008

Fac de Science-po vs IEP

Il y a 3 ans, j'avais des rêve pleins la tête et un avenir étudiant tout tracé: j'allais avoir mon bac avec mention Bien, entrer à l'IEP de Lyon et après un master avec spécialité information/communication, j'allais entrer dans une école de journalisme grâce aux partenariats IEP-écoles.

Parfois, il arrive que la vie en décide autrement (ton très Carrie Bradshaw mais j'y suis revenue et je suis encore plus droguée qu'avant). J'ai loupé la mention Bien, raté le concours pour entrer à l'IEP et je me suis inscrite un peu à contre-coeur en fac de science-politique.

J'ai commencé les cours en fac il y a un peu plus de 2 ans. Et j'ai été surprise par le nombre d'étudiants prêts à retenter l'IEP. La fac de Science-po de Lyon 2 accueille ceux qui ont raté et qui comme moi, ne savaient pas trop quoi faire de leur vie. J'ai moi-même voulu tenté le concours de deuxième année et puis j'ai laissé tomber parce que je me suis rendu compte que ma fac me plaisait. Mes profs enseignent à l'ENS, les cours sont de qualité, on entre vraiment dans le fond du creux de la science-po, l'ambiance est bonne et j'ai eu la possibilité de partir en Erasmus sans me battre avec quelqu'un. Alors pourquoi se prendre la tête avant la licence? Un concours d'entrée en quatrième année s'étant créé, je peux très bien retenter l'IEP d'ici un an!

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Ca, c'était ce que je pensais avant d'arriver à Salamanque. À l'Université, j'ai rencontré tout un groupe de français qui viennent de l'IEP de L***e et qui sont dans une formation mi-française, mi-espagnole. En gros, en restant deux ans au lieu d'un ici, ils auront un double diplôme franco-espagnol avec les signatures de l'IEP et de la Universidad de Salamanca.

En cours d'Histoire contemporaine de l'Amérique, je suis en groupe de travail avec deux filles de l'IEP et un gars qui étudie le droit à la fac de Bayonne. On doit rendre une práctica (comprenez "travail de TD") en 3 temps. Et vraiment, les deux nanas ont réussi à me dégoûter de l'IEP.

Ca commence déjà par des sous-entendus vaseux sur la manière de travailler: "oui mais tu comprends nous à l'IEP on travaille comme ça." Peut-être mais ce n'est pas parce qu'à l'IEP c'est comme ça que ça l'est aussi ici!

C'est ensuite des regards de haut: "attend mais nous si on a réussi à entrer à l'IEP, c'est qu'on le mérite, on a bossé pour ça!" Moi non vois-tu, je me suis tournée les pouces pour préparer le concours.

C'est un esprit de compétition constamment présent: "le groupe de x et y (eux-aussi de l'IEP) ont fait tant de pages pour la práctica, faut qu'on en fasse autant sinon ça sera moins bien! Et puis eux, ils font toujours les choses à fond alors faut qu'on fasse comme eux. Même si le prof ne le demande pas, on devrait faire ça en plus, ça fera toujours un plus par rapport aux autres." Tu connais la qualité plutôt que la quantité? Résultat: pour 25 pages, le groupe de x et y a eu 9/10. Et nous avec 10 pages, on a eu 9/10 aussi.

C'est une volonté constante de se vendre: "je peux aller rendre le dossier au prof si tu veux." "Non t'inquiète, je vais le faire, je t'assure ça ne m'embête pas, comme ça je lui demanderai ce qu'il en pense!". C'était une conversation entre les deux iepistes.

C'est être envieux et blasé: "X a fait son stage obligatoire à l'ONU. Il a dit que c'était nul et qu'il ne se passait rien". "Il faut que j'entre en contact avec le mec qui l'a fait entrer parce que j'ai pas envie d'aller dans une petite ONG pour faire mon stage, l'ONU, ça serait mieux même s'il ne se passe rien".

C'est être dédaigneux: "je vais faire cette partie parce que je suis pas sûre que tu la fasses correctement. Tu peux m'envoyer ce que tu as fait pour que je le relise?"

C'est un autre monde: "Je viens de Versailles". "Mon père est juriste à la Cour Pénale Internationale de La Haye, c'est lui qui a voulu que je rentre à l'IEP". "J'aurais bien aimé avoir l'IEP de Paris mais bon, L***e, c'est déjà pas mal!". "Depuis Paris, ils nous regardent trop de haut! Juste parce qu'on est dans un IEP de province!" Et qui regarde la fac de haut depuis son IEP de province? J'ose espérer que tous les iepistes ne sont pas comme ça...

 

Soyons clair: je pense que l'ambition n'est pas une tare, moi-même j'en ai. J'ai envie de réussir à être journaliste et je suis prête à mettre toutes les chances de mon côté. MAIS (il y a un MAIS, vous le sentiez venir!), sans pour autant marcher sur la gueule des gens et les prendre de haut. Je déteste ces pseudo-ambiances d'élites véhiculées par les grandes écoles sous prétexte qu'il y a un concours. Chacun peut être une élite dans ce qu'il veut, moi je bats tout le monde sur Audrey Hepburn ou Harry Potter. Est-ce que ça m'autorise pour autant à être méprisante envers les gens qui ne connaissent ni l'un, ni l'autre de ces sujets? En aucun cas. Ai-je le droit de me croire dans le seul bon chemin parce que celui-ci est approuvé par un concours et par la société?

Certain pourrait dire qu'on voit ici une rancoeur de fille qui n'a pas réussi. Peut-être. Je ne dirais sûrement pas la même chose si j'avais été admise à l'IEP. J'ai peut-être loupé des choses mais j'en ai gagné d'autres en allant à la fac. Et je me suis rendu compte que je n'ai aucune envie d'être formatée et de transmettre l'image qu'on ne peut réussir que dans les institutions reconnues.

Alors voilà, maintenant je me pose de grandes questions. Est-ce que je suis prête à retenter ce concours pour accéder à la formation que je voulais déjà il y a 3 ans? Est-ce que je veux être journaliste au point de devoir devenir comme eux? Ou est-ce que ce n'est pas plus intéressant de suivre mon petit bonhomme de chemin sans passer par la case "formatage" et "formation d'élite"? S'il y a une chose que la fac m'a appris, c'est que oui, je ne dois pas avoir l'esprit de compétition autant que je le croyais. Je veux réussir mais sans écraser ceux qui sont à côté de moi.

 

Ou peut-être qu'il faudrait que je redescende du pays des Bisounours?