24 septembre 2009

Le doute

Troisième semaine de fac et je doute.

Je ne suis pas quelqu'un de super intelligent. Je n'aime pas bosser avec acharnement, je préfère apprendre sans m'en rendre compte. Disons que j'ai des facilités. Je ne sais rien bien faire à fond, je touche plus ou moins à plusieurs trucs. Je suis ce qu'on appelle dans le jargon, une "politologue" et non une "politiste": je sais parler vaguement de pleins de sujets au lieu d'en connaître deux-trois bien en profondeur.

Dans le domaine professionnel intellectuel (mes expériences de caissière et factrice ne comptent pas!), je n'ai jamais vraiment appris à être journaliste. Je n'ai jamais appris à rédiger un papier, ni comment me comporter face à un interlocuteur. Je ne connais pas les ficelles du métier, je n'ai pas les contacts, je différencie peu les genres, je n'ai pas les idées. Les deux expériences que j'ai eu au Journal, j'ai fait du mieux que je pouvais, ce qui me semblait correct. Ca a souvent été couronné de succès (pour ne pas dire encensé) et j'en ai été la première étonnée. Je le suis toujours, surtout quand je relis les quelques papiers qui me paraissaient bien et que je trouve pour ainsi dire, nuls à chier.

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Je suis partie sur une mauvaise production. Les derniers papiers ont été mauvais, mon chef me l'a dit lorsque je lui ai demandé si ça valait le coup que je persévère dans cette branche. La réponse a été oui car j'avais fait beaucoup de progrès. Mais de ce mail contenant 95% de positif et 5% de négatif sur mes mauvais papiers, j'en ai retenu seulement le 5%. Déformation perfectionniste. Ca fait 15 jours que j'ai reçu ce courriel et ça me travaille toujours autant. Surtout que ces deux papiers ont été écrit de la même manière que j'avais fait les autres: du mieux que je pouvais. "Ca arrive à tout le monde de se louper, même à moi," a dit le chef. Oui mais moi je n'ai pas l'occasion de me rattraper les jours suivants.

Dans ma classe, environ la moitié a des ambitions journalistiques. De ce que j'ai pu lire des copains qui m'ont montré leurs propres articles, je trouve ça bien écrit. Je n'ai aucun sens critique sur les productions des autres, mis à part envers moi. Je ne me trouve pas spécialement douée et tout ce que j'ai pu lire me paraît beaucoup plus travaillé et cherché que ce que j'ai pu faire. Ils n'ont reçu que des bonnes critiques (ou taisent les mauvaises), ils ont des pistons au niveau national, ils ont pleins d'expériences de stages... Moi qui me pensait "originale" avec mes deux emplois saisonniers, je me sens en fait légèrement sur la touche.

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Alors contrairement aux habitudes, je me tais, je doute, je bosse dès maintenant et commence à chercher où faire des stages dès maintenant. Opportuniste silencieuse? Nan, seulement en quête d'être rassurée sur mes quelques compétences.

21 août 2009

En passant

Un petit mot en passant.

Je suis très occupée au Journal ces jours-ci: j'enchaîne une semaine de boulot de lundi à mardi non-stop et je dois dire que je ne chôme pas! J'ai eu beaucoup de rendez-vous toute cette semaine, de jours, de soirs et ça continue même ce week-end avec la couverture totale d'un triathlon toute la journée de dimanche. Pour l'occasion, j'aurai un super appareil photo reflex qui me permettra de voir les avantages de ce type de machine.

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Il fait beau, je suis bien. Quand je bosse, je ne pense pas trop à autre chose. J'ai quand même une idée fixe dans la tête, un voyage que j'essaye de prévoir. J'hésite. Un voyage ou un super appareil photo? Ca pourrait être le sondage du jour: préfèreriez-vous partir en vacances ou avoir un appareil photo reflex?

Et puis il faut que je vous raconte mon coup de coeur série. Comme d'hab' trois ans après tout le monde, je suis archi-fan d'une série qui me fait mourir de rire! Mon seul problème, c'est que les épisodes en vostf sur les sites de streaming se font de plus en plus rares et je ne supporte pas la vf...

Très bon week-end à tout le monde!

18 août 2009

Vis ma vie de journaliste l'après-midi

On poursuit les festivités avec un concentré de vie d'un journaliste l'après-midi.

14h: une fois ou deux par semaine, réunion de rédaction. C'est pendant cette réunion qu'on propose de nouveaux sujets pour l'édition locale pour les numéros à venir, qu'on décide de qui fait quoi. En été, il est parfois difficile de trouver des sujets qui puissent être intéressants et pas trop répétitifs car il n'y a presque rien.

14h30: une fois les nouveaux sujets distribués (ça peut prendre parfois plus d'une demi-heure), on se remet au boulot et on passe les coups de fils pour les rendez-vous.

15h: interview téléphonique avec un chanteur du même prénom que Polnareff avec un peu plus de fugue pour un papier en édition départementale. Tellement j'étais douée, je lui ai raccroché au nez en m'embrouillant toute seule avec le bouton du haut-parleur! Il ne s'en est pas formalisé et l'interview a quand même eu lieu!

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15h30: rédaction de l'interview. Ca dure, ça dure c'est très long, il faut faire des coupes pour ne retenir que l'essentiel (même si tout paraît essentiel, l'essence de l'essentiel).

16h30: rendez-vous pour visiter une SPA pour un papier de page 2 (les plus gros, on les appelle P2). Je pars, tout fière, avec la voiture du journal.

17h: deuxième conférence téléphonique de rédaction. C'est toujours le chef qui s'en charge et c'est à ce moment qu'ils décident du contenu des affichettes qui seront exposées dans les points de vente. Il s'agit de mettre des gros-titres qui attirent le lecteur et l'incite à acheter le journal.

18h: retour au bercail. Début de la réaction du P2. Il manque encore l'avis d'un expert et le sous-papier que j'aurai à voir et rédiger le lendemain. Le temps de la rédaction d'un P2 dépend du sujet que l'on traite (plus c'est compliqué, plus c'est long!). En règle générale, il faut compter une 1/2 heure pour le premier jet.

18h30-19h: fin de la journée. On n'a pas d'horaires fixes donc on fini quand on fini. Certains préfèrent rester tard le soir pour s'avance pour le lendemain. Moi perso, j'aime bien rentrer chez moi!

 

Voilà, j'espère que ça vous a plû! Bien sûr, il s'agit d'une journée type, tout ne se passe pas toujours comme ça! Hier par exemple, j'ai reçu ma première insulte de journaliste (de merde paraît-il) alors que je voulais seulement poser une question d'actu... "C'est le métier qui rentre", m'a dit mon chef!

16 août 2009

Vis ma vie de journaliste le matin

Bonjour tout le monde! Absence de billets en cette fin de semaine mais j'étais malade, occupée avec pleins d'anniversaires familiaux et puis surtout, j'ai dormi beaucoup pendant le week-end. Les notes de Fifi qui raconte et explique son métier m'ont beaucoup plu alors je vous propose d'en faire de même en deux parties. En avant pour vis ma vie de journaliste-apprentie le matin!

 

7h45: le réveil sonne. C'est l'heure d'émerger.

9h15: arrivée au journal, salut des collègues et lecture du journal du jour. L'objectif? S'informer d'abord sur ce qu'on a publié mais aussi repérer les coquilles et erreurs de mise en page. Cette année, j'ai de la chance, je suis jamais secrétaire de rédaction (SR), c'est-à-dire préposée à la mise en page des pages locales.

9h30: c'est l'heure du café! On est des grands amateurs de cafés et cette petite réunion conviviale du matin nous permet de faire un debriefing et de rigoler avant la journée.

10h: réunion de rédaction avec les autres agences du département. C'est le chef qui s'en charge. C'est l'heure à laquelle je commence réellement ma journée (tranquille la fille hein?)

10h-12h30: en vrac: prises de rendez-vous avec des personnes dont j'ai besoin d'avoir le témoignage dans un article, rédaction d'articles en cours, recherche de blogs et sites internet pour la rubrique que je tiens pendant l'été, lecture de la presse nationale enfin arrivée... Ce n'est pas vraiment le matin qu'on travaille sur le terrain puisque la plupart des rendez-vous ont lieu l'après-midi. À croire que les journalistes ne sont pas les seuls à ne pas être du matin...

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10h30: en particulier: rendez-vous dans une pâtisserie pour réaliser un filet-photo (environ 600 signes + une photo) sur une spécialité de la ville. La dame, gentille, m'offre une portion de ce gâteau et un pain au chocolat! Ah les dures lois du métier...

11h: en particulier toujours: départ en chasse pour trouver un interlocuteur et le faire répondre à la question d'actu du jour. Ca peut-être "dans quels domaines y a-t'il eu une baisse des prix pour vous durant ces six premiers mois?" ou "comment expliquez-vous le recul du monokini?". Le but, c'est de faire répondre les gens et surtout d'avoir une photo pour illustrer leurs propos. Bien souvent, ils refusent de voir leur tête apparaître dans le journal ce qui nous oblige à aller interroger d'autres personnes.

11h30-12h30: rédaction des petits travaux de la matinée.

12h30: pause repas. À la maison. Parfois, pour les besoins d'un papier (papier dans le jargon, c'est pour parler d'un article), je mange dans un petit resto de la ville. Pas souvent, je n'aime pas trop profiter comme ça du journal...

 

Et voilà, la (dure) matinée se termine! La suite demain pour vis ma vie de journaliste de l'après-midi!

04 août 2009

Dépressif, ancien journaliste

Au journal, on a une rubrique dans laquelle on présente des sites, blogs, myspace de gens de la région. Un des blogs retenus est celui d'un jeune journaliste radio de la ville, une pépite de la toile qui prête à sourire lorsqu'on le lit.

Alors que j'en parlais au chef, il m'a dit: "oui, on le connaît. Il est en dépression maintenant. Il s'est effondré en juin, pendant qu'il présentait son journal du matin".

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Rien ne laissait transparaître un coup de blues sur son blog, rien ne montrait que sa profession ne lui plaisait pas (à part les petites remarques sur le salaire ridicule mais qui n'en fait pas?). Journaliste, c'est pour moi le plus beau métier du monde, celui qui me plaît, celui que je veux faire.

Je dois dire que ça m'a cassé.

06 mars 2009

País Semanal

Quand on aime les journaux comme moi, on s'intéresse forcément un peu à la presse internationale. C'est même conseillé de lire la presse internationale (et pas que pour les intéressés du journalisme mais aussi pour les étudiants, surtout ceux de science politique).

Moi je m'intéresse surtout à la presse espagnole. Normale, c'est presque la seule que je comprends. Et réfléchir en plus à la langue quand tu tentes déjà de saisir la situation décrite dans l'article, c'est chiant. Lire le journal est pour moi un plaisir, un moment durant lequel je cherche à m'informer et à connaître l'actualité récente. Pas un moment de galère. Voilà pourquoi je ne regarde pas trop du côté du Times mais plutôt vers celui d'El País.

Les professionnels le reconnaissent: el País est un des meilleurs quotidiens qui se fait actuellement. Il est présent en Espagne mais aussi dans toute l'Amérique Latine. L'équivalent de notre Monde à nous mais en plus partisan. Autant les grands quotidiens français sont frileux lorsqu'il s'agit de prendre position en faveur ou contre tel ou tel parti, autant les journaux espagnols hésitent beaucoup moins!

El País tout comme le Monde publie chaque semaine un magasine culturel. Vous connaissez le Monde 2? Laissez-moi vous présenter el País Semanal.

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El País Semanal est le supplément du dimanche. C'est une mine de culture. On y trouve de tout, très bien écrit et c'est pour ça que je l'aime. Ca va du billet d'humeur à la recherche historique en passant par l'interview d'une personnalité en lien avec le monde artistique. En plus d'être bien écrit, le journal est parfaitement illustré avec des photos de qualité. Ce n'est pas du sensationnel, c'est de l'art. Du noir et blanc, des photos recherchées et aussi expliquées.

Par exemple cette semaine, un article expliquait la démagogie des photos de guerre. Un autre proposait un voyage dans la terrible ville de Ciudad Juárez au Mexique. Cinq morts violentes par jour, ça laisse rêveur... Et puis surtout, le journal de cette semaine proposait de découvrir l'actrice espagnole Luana Alcañiz. "La Pénélope Cruz des années 30". Des yeux verts immenses, un sourire enjôleur, plus de 30 films à son actif... Une sorte de sex-symbol d'une autre époque, trop peu connue. L'article est tellement bien fait que je suis prise d'une grande curiosité pour cette actrice.

Je ne peux que conseiller la lecture de ce magasine. À apprécier comme du très bon journalisme. Vous avez des journaux/magasines à conseiller vous?

Le portail web est ici!

04 août 2008

Quelques jours de congés...

Je sais, j'avais dit que vendredi je parlerai de mondanités. Résultat, on est lundi soir, et les mondanités ne sont toujours pas arrivées. Elles viendront, elles viendront mais pas maintenant.

Demain mardi, je pars deux jours en Ardèche. Pour la dernière fois avant looonnngtemps. Quand je vais rentrer jeudi, j'aurais les boules. Et pas envie d'écrire, ni de parler. Vendredi je bosse et j'ai 20 ans. Samedi je nettoie et je récupère. Et dimanche je bosse à nouveau.

J'ai une semaine plus que remplie, tant sur le plan physique qu'émotionnel. Vous comprendrez bien, oh public en délire pourquoi donc je vais prendre quelques congés du blog.

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Sachez quand même qu'aujourd'hui, un papier de 4000 signes sur la SPA, signés de mon nom a été publié en Une locale. Que je l'ai tellement bien fait que je me suis trompée dans le numéro de téléphone de la SPA. Et que victime de mon succès, les lecteurs ont appelé ce numéro, dans une grande vague de bonté pour adopter des petits animaux. Sauf qu'ils sont tombés sur une entreprise sans lien avec la SPA et qui en a eu marre d'être dérangée pendant la journée. Résultat: ma première boulette aura droit à un encadré de rectification demain! Comme dit mon chef, "même si ça fait tâche, ça prouve que ton papier était bien puisque ça les a touché!"

Sachez aussi que la dame qui fait des ventres moulés m'a félicité pour mon article en me disant que je fais vraiment bien mon boulot. C'est le premier "vrai" que j'ai écrit. Inutile de préciser que je ne touche plus Terre et que j'ai l'égo plus gros qu'une pastèque.

Sachez enfin que le responsable de com' des pompiers n'a pas bronché, même sans avoir de brouillon. Il a même trouvé le papier très bien...

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Je vous souhaite une bonne semaine. On se revoit quand j'ai passé la dizaine! 

30 juillet 2008

La pression

Mardi matin avec Lionel, le chef-adjoint (que l'on va appeler chef, ce sera plus simple), on est allé porter le journal aux pompiers du Centre de traitement des appels. Ils aiment bien et puis comme ça, quand on a besoin d'avoir des infos, ils les donnent assez facilement.

Franchement, un pompier, c'est beau. Et c'est jeune. Et même souvent, c'est célibataire. 3/6 beaux mâles seuls, et pas parmi les plus vieux. Honnêtement, j'étais très contente de ma visite. Si contente que le chef m'a proposé de faire un papier sur eux, un PP1 local, sur les interventions qu'ils réalisent lorsqu'il y a des nids de guêpes ou frelons car on est dans la pleine période.

Toute contente, j'ai appelé le CTA pour obtenir un rendez-vous dans l'après-midi, que le papier soit prêt pour l'édition de jeudi. Sauf que pour avoir un rendez-vous avec les pompiers de Mâcon, il faut régler cela avec le service communication des sapeurs-pompiers, basés à Chalon-sur-Saône.

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Et là, désenchantement. Le responsable de la com' a été plus que désagréable. Il s'en est pris à la "stagiaire" que je suis, exigeant une publication dans les pages départementales sinon il oppose son veto, me donnant l'orientation du papier et presque ce que j'avais à y mettre dedans, me posant des questions sur sa fonction à lui, me testant, me disant que si ça ne lui convient pas, il verrait directement avec le rédacteur en chef... bref, me mettant la pression.

Il m'a quand même donné un rendez-vous avec Mâcon hier après-midi. Une fois sur place, rebelote! Il a carrément exigé, toujours au téléphone (mais sur un ton plus sympathique) que je lui envoie mon brouillon, qu'il puisse le valider ou non. "Ce n'est pas pour vous censurer, c'est seulement pour vérifier que vous employez les bons termes techniques" (et mon oeil, tu le vois mon oeil?!) Ce que mon chef a refusé. Il est hors de question de faire lire nos papiers avant publication. D'autant plus que pour celui sur les pompiers, nous n'avions aucune intention diffamatoire. Il s'agit seulement de présenter leur travail.

Le papier est rédigé. Environ 2800 signes avec mon nom en gras, en toutes lettres, en bas. Publication vendredi, dans l'édition départementale avec accroche sur la Une. N'empêche que je ne m'attendais pas à ça pour les débuts de la gloire... 

 

Demain, les photos de mon appartement. Et vendredi, ce sera les petits fours de la Mairie! Pfffiou, ce que ma vie est palpitante en ce moment... ;-) 

28 juillet 2008

Je suis journaliste!

J'avais dit la semaine dernière que je vous raconterais mon entrée dans le monde journalistique. J'ai du scoop encore plus lourd: ma première journée dans le métier et mes premiers papiers de pro.

J'ai commencé aujourd'hui à faire ce métier que j'aimais déjà mais que j'aime encore plus. L'ambiance y est toute autre que dans mon ancien boulot, quitté il y a deux jours. Déjà, les employés sont majoritairement des hommes, ce qui décrispe l'ambiance. Ensuite, tout le monde se tutoie et se fait confiance, ce qui enlève la méfiance. Enfin, les employés sont des fêtards, jeunes et qui se donnent un coup de main dès qu'il y a un problème. Pour le moment, l'expression "liberté d'expression" prend tout son sens!

Je suis donc arrivée ce matin pensant être en doublure, comme le chef me l'avait dit mercredi, avant de partir en vacances. À 9h30, je le croyais encore. À 10 heures, le chef adjoint me charge d'aller interroger des gens dans la rue pour la question d'actualité du jour. Gros blanc (sur mon visage). Au bout de trois personnes arrêtées dans les rues de Mâcon, j'ai les informations qu'il me faut. Le temps de repasser à la rédaction, le chef adjoint m'annonce qu'il y a une exposition qu'il faut que je visite dans l'après-midi, pour faire un papier dessus. Un SP2 comme on dit dans le jargon, c'est à dire un "sous-papier en 2ème page". Pas le papier principal, mais celui juste en dessous.

L'exposition était constituée de moulages en plâtre de ventres de femmes enceintes. Un sujet un peu étrange mais au demeurant bien sympathique. 1500 signes. Pas encore ma signature mais presque!

La journée s'est terminée par la couverture d'une caravane de Lutte Ouvrière qui a squatté les rues de Mâcon toute la journée. Une photo, un entrefilet et le tour est joué. Édition locale de demain. Trois papiers pour mon premier jour, je ne m'attendais pas à tant!

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Je suis maintenant chargée d'une mission: faire un papier qui passera en PP1 (Papier Principal Page 1) d'ici 15 jours sur la fermeture de nombreux bureaux de Poste et les conséquences dans un canton voisin. Un sujet assez délicat à traiter en 3000 signes. Avec mon nom dessous sous celui-là, ce qui m'engage encore plus! Affaire à suivre donc...

18 juin 2008

Le journal de Nico - épisode 8

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Mercredi 11 juin

Luc Chatel m'est vraiment sympathique. Il justifie la hausse de budget de l'Élysée par le fait que je travaille trois fois plus! Il est vrai qu'avec mon emploi de d'Hyperprésident, j'ai cherché une nouvelle femme et je me suis appliqué à bien me rétamer dans les sondages. Trois fois plus, effectivement.

 

Jeudi 12 juin

J'ai bien dressé François. Dans sa prestation télévisée sur France 2, il a de nouveau dit qu'il n'y avait pas de mésententes entre nous. Et il a surtout ajouté qu'il n'est pas "anormal que le Premier ministre fasse les réformes, mette en oeuvre la vie quotidienne du gouvernement pendant que le président de la République, avec la force de conviction qui est la sienne, la relation directe avec les Français, soit plus présent dans les média". Vous ne pourez pas dire que c'est de ma faute après! Même François se met à dire que ma présence médiatique est normale! Tant qu'il ne s'occupe pas trop de l'intendance, ça ira...

 

Vendredi 13 juin

Il est reconnu publiquement que le vendredi 13 apporte soit beaucoup de bonheur, soit une poisse pas possible. Disons qu'il s'agit de la deuxième solution pour moi: l'Irlande a dit non au Traité de Lisbonne alias traité simplifié alias mini-traité. Dont je suis à l'origine. C'est un désaveu total alors que je vais être l'Hyperprésident de l'Union Européenne. Il faut que je fasse quoi moi maintenant à part un caprice? Un mini mini-traité européen? On va encore dire que je fais tout en petit après!

 

Samedi 14 juin

Comme prévu, George Bush et sa femme Laura sont venus nous rendre visite à Carlita et moi. Une façon de resserrer encore plus nos liens d'amitié. George n'a pas arrêté de faire des compliments sur Carla! Hé ho, c'est ma femme, arrête de trop la regarder et refais un peu la fine bush (que je lui ai répondu).

 

Dimanche 15 juin

L'éviction de PPDA de l'information de TF1 et son remplacement par Laurence Ferrari commencent à provoquer un mini-tollé (non pas un mini-traité). Moi ce que j'en dis, c'est que c'est bien fait pour lui! Il n'avait qu'à pas me traiter d' "exité comme un petit garçon" l'année dernière! Je le sais que je suis petit! Mais j'ai une grande femme, na!

 

Lundi 16 juin

Mon fils Jean a été élu Président du groupe UMP du Conseil Général des Hauts-de-Seine. Il est aussi responsable de la section UMP à Neuilly-sur-Seine. Je suis très fier de lui. À tout juste 21 ans, il est très fort!

Maintenant vous le savez: pour entrer en politique, le 9-2 est mieux que l'ENA!

 

Mardi 17 juin

Je présente aujourd'hui le Livre Blanc sur la Défense. Un projet de réduction d'effectifs dans l'armée pure (hop, je coupe l'herbe sous le pied de Morin!) mais on accroit les services de renseignements. Comme ça, en plus d'avoir fait surveiller Olivier Besancenot et Bernard Thibaud, je vais pouvoir m'occuper de Ségolène et de Bertrand Delanoé. On ne sait jamais, si on parlait plus d'eux que de moi dans les médias avec l'approche de leur Congrès...

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