09 août 2009
Une certaine nostalgie
Ce week-end, je suis allée à Lyon. Pas pour fêter mon anniversaire mais pour fêter le retour d'un copain qui était parti un an à Taïwan. La soirée était super, c'était une surprise pour lui, il ne s'y attendait pas du tout.
Dans notre petite assemblée, on était cinq à sortir de la même promo de science politique et deux partis à l'étranger cette année. Forcément, on s'est retrouvé, même sans trop se connaître pour parler de la fac, des élèves qu'on connaissait ou pas, des profs, des cours, des grèves... Les gens qui changent (ou pas), les petites coutumes de chacun, les connaissances qui faisaient vivre les amphis... C'était très sympa. Ca m'a fait me rappeler des souvenirs de la deuxième année surtout, les délires de fac, comme je me sentais bien là-bas.

J'ai déjà dû dire que l'année à Salamanca était passée super vite. Je n'arrive pas à croire que ça fait déjà un an que je bossais au journal. Mais je me rends compte maintenant que c'est toute la licence qui est passée très rapidement. Trois années avec quelques souvenirs épars qui balisent mon parcours étudiant. Un peu d'émotion quand je repense à tout ça ou quand je suis devant les batiments de Lyon 2.
Lyon 2 que je vais quitter d'ailleurs, pour le sud. J'ai beaucoup hésité. Et puis outre la formation universitaire, la curiosité et le goût de l'aventure ont été plus fort. Lyon 2, il faut maintenant y penser au passé. C'était bien, mais c'est fini. Comme Erasmus à Salamanca. Continuer à aller de l'avant et à construire d'autres souvenirs, plus au sud. Maturer (j'aime bien ce mot qui n'existe pas!) encore un peu plus en tenant compte de ce qu'on a vécu avant. Comme si ces trois années avaient été le témoin de mon passage de l'adolescence à l'âge adulte...
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30 mars 2009
L'avenir est liquide, le passé est solide
... ici le frigidaire...
L'autre soir, en parlant avec Smith et avant de m'énerver, il m'a raconté qu'il est admis dans son école au Canada. Ca m'a gavé parce qu'en bonne aigrie de la vie, j'aurais aimé qu'il se rétame, ça lui aurait fait les pieds. Je déteste les gens qui me larguent puis réussissent tout ce qu'ils veulent. La roue tourne comme on dit, pour le moment elle m'écrase.
Bref, après avoir parlé de son futur, il m'a questionné sur le mien. Et là gros blanc. Je n'ai pas su quoi répondre pour la simple et unique bonne raison que je ne sais pas ce que je veux faire. J'ai un but, un rêve: être journaliste. Les moyens concrets pour y arriver sont beaucoup plus flous pour ne pas dire inexistants. Il me semble avoir déjà parlé de ce problème de futur. Jusqu'à cette année, mon parcours était clair: licence de science politique avec année à l'étranger. Après? Gros blanc futuriste.

Je vois toujours les périodes de l'année avec un couleur. Par exemple, novembre est toujours marron et est le mois que j'aime le moins. C'est triste, c'est gris, c'est l'automne, les feuilles tombent, les jours sont courts... C'est marron. Mon été 2009 et l'année scolaire 2009-2010 sont eux blancs. Un grand vide en fait. Je pensais m'inscrire en M1 de science-po à Lyon et puis préparer les concours: école de journalisme, IEP, M2 ayant traits au domaine qui m'intéresse... Et puis je me suis rappelée que j'avais ici un petit bouquin édité par l'Étudiant et qui s'appelle "Les métiers du journalisme".
Je l'ai regardé de nouveau. J'ai relu tout ce qui concerne les formations journalistiques. Les concours des écoles? Comme prévu, ça attendra l'année prochaine pour incompatibilité physique (je ne peux pas être à la fois en Espagne et en train de passer des concours). Les masters? Tiens, je croyais que c'était seulement des M2... Il apparaît que non.
J'ai cherché. Je me suis baladée sur plein de sites web d'universités françaises. Et j'ai trouvé. Deux M2 plus qu'intéressants mais qui nécessitent un M1 beaucoup plus spécialisé dans le journalisme que celui proposé à Lyon. À Aix-en-Provence et Montpellier. Deux villes qui par leur situation géographique me plaisent. Et pour la formation proposée.
À Montpellier, je suis quasi certaine d'être admise puisqu'il s'agit d'un master de science politique, il suffit juste que j'obtienne ma licence pour ça. À Aix, il s'agit d'un master de droit, je dois donc soumettre ma canditature à un conseil d'admission. À Lyon, je peux me réinscrire d'office.

Alors voilà, j'hésite. Les deux formations me tentent énormément et quitte à faire un master pour préparer les concours, autant qu'il soit en lien avec ce qui m'intéresse réellement (non pas que l'analyse des politiques publiques et les relations internationales ne m'intéressent pas mais le rapport avec le journalisme n'est pas ce qui saute aux yeux...). Mais il y a Lyon. Il y a les copains de fac qui vont partir en échange l'année prochaine et que je ne retrouverai pas. Le fait que Lyon est chargée d'histoire personnelle et que je n'ai pas forcément envie de m'y confronter. Retrouver une ville que je connais mais avec rien de semblable à l'université me tente moyen. Mais il y a aussi Lyon que j'adore et tous les gens qui y sont et qui y seront encore l'année prochaine. Les amis que je pensais retrouver. La ville qui quelque part me manque. J'hésite à tout quitter une nouvelle fois. Qu'est-ce qui a le plus de poids: ma formation ou mes sentiments envers un lieu et des gens?
Je me pose maintenant beaucoup de questions sur ce futur pas si lointain. Le blanc de 2009-2010 l'est beaucoup moins. C'est encore un projet dont je n'ai aucune idée mais qui m'excite parce que c'est de l'inconnu plus fixe que celui d'avant.
Oui Jean-Louis, tu as raison: l'avenir est liquide, le passé bien solide...
12:00 Publié dans Fac | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : fac, journalisme, science politique, masters, futur
28 novembre 2008
Fac de Science-po vs IEP
Il y a 3 ans, j'avais des rêve pleins la tête et un avenir étudiant tout tracé: j'allais avoir mon bac avec mention Bien, entrer à l'IEP de Lyon et après un master avec spécialité information/communication, j'allais entrer dans une école de journalisme grâce aux partenariats IEP-écoles.
Parfois, il arrive que la vie en décide autrement (ton très Carrie Bradshaw mais j'y suis revenue et je suis encore plus droguée qu'avant). J'ai loupé la mention Bien, raté le concours pour entrer à l'IEP et je me suis inscrite un peu à contre-coeur en fac de science-politique.
J'ai commencé les cours en fac il y a un peu plus de 2 ans. Et j'ai été surprise par le nombre d'étudiants prêts à retenter l'IEP. La fac de Science-po de Lyon 2 accueille ceux qui ont raté et qui comme moi, ne savaient pas trop quoi faire de leur vie. J'ai moi-même voulu tenté le concours de deuxième année et puis j'ai laissé tomber parce que je me suis rendu compte que ma fac me plaisait. Mes profs enseignent à l'ENS, les cours sont de qualité, on entre vraiment dans le fond du creux de la science-po, l'ambiance est bonne et j'ai eu la possibilité de partir en Erasmus sans me battre avec quelqu'un. Alors pourquoi se prendre la tête avant la licence? Un concours d'entrée en quatrième année s'étant créé, je peux très bien retenter l'IEP d'ici un an!

Ca, c'était ce que je pensais avant d'arriver à Salamanque. À l'Université, j'ai rencontré tout un groupe de français qui viennent de l'IEP de L***e et qui sont dans une formation mi-française, mi-espagnole. En gros, en restant deux ans au lieu d'un ici, ils auront un double diplôme franco-espagnol avec les signatures de l'IEP et de la Universidad de Salamanca.
En cours d'Histoire contemporaine de l'Amérique, je suis en groupe de travail avec deux filles de l'IEP et un gars qui étudie le droit à la fac de Bayonne. On doit rendre une práctica (comprenez "travail de TD") en 3 temps. Et vraiment, les deux nanas ont réussi à me dégoûter de l'IEP.
Ca commence déjà par des sous-entendus vaseux sur la manière de travailler: "oui mais tu comprends nous à l'IEP on travaille comme ça." Peut-être mais ce n'est pas parce qu'à l'IEP c'est comme ça que ça l'est aussi ici!
C'est ensuite des regards de haut: "attend mais nous si on a réussi à entrer à l'IEP, c'est qu'on le mérite, on a bossé pour ça!" Moi non vois-tu, je me suis tournée les pouces pour préparer le concours.
C'est un esprit de compétition constamment présent: "le groupe de x et y (eux-aussi de l'IEP) ont fait tant de pages pour la práctica, faut qu'on en fasse autant sinon ça sera moins bien! Et puis eux, ils font toujours les choses à fond alors faut qu'on fasse comme eux. Même si le prof ne le demande pas, on devrait faire ça en plus, ça fera toujours un plus par rapport aux autres." Tu connais la qualité plutôt que la quantité? Résultat: pour 25 pages, le groupe de x et y a eu 9/10. Et nous avec 10 pages, on a eu 9/10 aussi.
C'est une volonté constante de se vendre: "je peux aller rendre le dossier au prof si tu veux." "Non t'inquiète, je vais le faire, je t'assure ça ne m'embête pas, comme ça je lui demanderai ce qu'il en pense!". C'était une conversation entre les deux iepistes.
C'est être envieux et blasé: "X a fait son stage obligatoire à l'ONU. Il a dit que c'était nul et qu'il ne se passait rien". "Il faut que j'entre en contact avec le mec qui l'a fait entrer parce que j'ai pas envie d'aller dans une petite ONG pour faire mon stage, l'ONU, ça serait mieux même s'il ne se passe rien".
C'est être dédaigneux: "je vais faire cette partie parce que je suis pas sûre que tu la fasses correctement. Tu peux m'envoyer ce que tu as fait pour que je le relise?"
C'est un autre monde: "Je viens de Versailles". "Mon père est juriste à la Cour Pénale Internationale de La Haye, c'est lui qui a voulu que je rentre à l'IEP". "J'aurais bien aimé avoir l'IEP de Paris mais bon, L***e, c'est déjà pas mal!". "Depuis Paris, ils nous regardent trop de haut! Juste parce qu'on est dans un IEP de province!" Et qui regarde la fac de haut depuis son IEP de province? J'ose espérer que tous les iepistes ne sont pas comme ça...
Soyons clair: je pense que l'ambition n'est pas une tare, moi-même j'en ai. J'ai envie de réussir à être journaliste et je suis prête à mettre toutes les chances de mon côté. MAIS (il y a un MAIS, vous le sentiez venir!), sans pour autant marcher sur la gueule des gens et les prendre de haut. Je déteste ces pseudo-ambiances d'élites véhiculées par les grandes écoles sous prétexte qu'il y a un concours. Chacun peut être une élite dans ce qu'il veut, moi je bats tout le monde sur Audrey Hepburn ou Harry Potter. Est-ce que ça m'autorise pour autant à être méprisante envers les gens qui ne connaissent ni l'un, ni l'autre de ces sujets? En aucun cas. Ai-je le droit de me croire dans le seul bon chemin parce que celui-ci est approuvé par un concours et par la société?
Certain pourrait dire qu'on voit ici une rancoeur de fille qui n'a pas réussi. Peut-être. Je ne dirais sûrement pas la même chose si j'avais été admise à l'IEP. J'ai peut-être loupé des choses mais j'en ai gagné d'autres en allant à la fac. Et je me suis rendu compte que je n'ai aucune envie d'être formatée et de transmettre l'image qu'on ne peut réussir que dans les institutions reconnues.
Alors voilà, maintenant je me pose de grandes questions. Est-ce que je suis prête à retenter ce concours pour accéder à la formation que je voulais déjà il y a 3 ans? Est-ce que je veux être journaliste au point de devoir devenir comme eux? Ou est-ce que ce n'est pas plus intéressant de suivre mon petit bonhomme de chemin sans passer par la case "formatage" et "formation d'élite"? S'il y a une chose que la fac m'a appris, c'est que oui, je ne dois pas avoir l'esprit de compétition autant que je le croyais. Je veux réussir mais sans écraser ceux qui sont à côté de moi.
Ou peut-être qu'il faudrait que je redescende du pays des Bisounours?
00:22 Publié dans Fac | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : science politique, études, journalisme


